Note de la rédaction : CHEN Xiaojing est assistante de recherche du département d'études européennes de l'Institut chinois d'études internationales
La ville de Wuhan confinée, des festivités annulées du Nouvel An Chinois dans tout le pays, la déclaration de l'USPPI (Urgence de Santé Publique de Portée Internationale) par l'OMS (Organisation mondiale de la Santé), le coronavirus se propage en Chine et inquiète le monde. Cependant, les Chinois font preuve de détermination, de responsabilité, de courage et de solidarité : d'un côté, appliquant des mesures strictes voire inédites, le gouvernement veut contenir l'épidémie dans le foyer et s'efforce de minimiser les risques au reste du monde. De l'autre, les meilleures équipes médicales sont envoyées à Wuhan et dans la province du Hubei. Les approvisionnements en produits alimentaires sont renforcés rapidement grâce à une mobilisation à l'échelon national.
Il est encore trop tôt pour faire le bilan. Néanmoins, nous pouvons déjà en tirer des expériences sur cette « lutte contre l'épidémie ». La Chine partage déjà ces 3 expériences suivantes.
Premièrement, mobiliser le grand public. Mises en quarantaine, les agglomérations au cœur du coronavirus établissent un système de quadrillage pour renforcer la prévention et le contrôle au niveau des quartiers et des villages : les habitants ne sont pas autorisés à sortir de chez eux sans masque et des volontaires participent à l'administration locale pour aider les familles en difficulté. Au niveau national, le retour des vacances de la Fête du printemps est échelonné et le dépistage dans les moyens de transport est disponible. Toutes les personnes ayant voyagé doivent observer un confinement à domicile pour 14 jours et le rythme normal des activités économiques est loin d'être repris, le télétravail est privilégié.
Deuxièmement, concentrer les ressources médicales. Pour les cas confirmés, 2 hôpitaux nouveaux (Leishenshan et Huoshenshan) offrant 2 600 lits à l'incroyable construction express qui accueillent déjà des patients, pris en charge par des groupes militaires. Pour les cas suspects et légers, plusieurs « hôpitaux de fortune » traitent des dizaines de milliers de patients : les conditions « déplorables » au début ont été rapidement améliorées ; ayant accès à des repas nourrissants et à des soins de base, des patients font du sport, voire dansent ensemble et se créent graduellement des amis. Le traitement là-bas donne déjà des résultats encourageants : 197 hommes et femmes ont quitté les 3 « hôpitaux de fortune » de Wuhan le 21 février. En compagnie de volontaires de quartier, ils rentrent chez eux pour se mettre en quarantaine à la maison pendant encore 14 jours.
Troisièmement, s'appuyer sur des pratiques et des acquis scientifiques. Les « soins de support » considérés comme efficaces au traitement des cas légers, la médecine traditionnelle chinoise (MTC) joue un rôle important. Selon des sources officielles, la MTC pouvant empêcher les cas bénins de se transformer en cas graves, a contribué au traitement de plus de 60 000 patients atteints. Les souches du coronavirus isolées et cultivées par des organismes scientifiques plus tôt, il faut encore plusieurs mois pour en espérer un vaccin, mais les patients ne peuvent plus attendre. Les médecins, combinant la MTC et la médecine occidentale, travaillent jour et nuit pour réduire les taux d'infection et de mortalité. De nouvelles technologies portent aussi leur contribution : par le réseau 5G, des experts de haut niveau arrivent facilement à communiquer avec leurs homologues effectuant des enquêtes dans les villages reculés. Grâce à un moteur de recherche récemment développé, des gens peuvent savoir s'ils ont voyagé avec une personne atteinte du coronavirus dans des moyens de transport.
Cela va de même pour les théories du complot. D'éminents scientifiques s'insurgent déjà contre les rumeurs sur l'origine de cette épidémie sur le site du Lancet : « Solidaires, nous condamnons avec la plus grande fermeté les théories du complot laissant entendre que la maladie Covid-19 n'a pas une origine naturelle », ce qui a directement démenti de fausses accusations, comme la fuite d'une arme biologique du laboratoire P4 de Wuhan.
Chacun a sa responsabilité de contenir la propagation de cette maladie, ainsi que la panique dans un monde de plus en plus interdépendant. D'autant plus qu'il reste encore pas mal de questions en suspens, comme le réservoir animal et le passage exact de l'animal à l'homme. Il nous faut en finir avec les idées reçues, médicales ou politiques, pour améliorer l'action sanitaire mondiale et laisser aux générations suivantes plus d'expériences, moins d'enseignements tirés.
Tous ensemble, pour un monde plus sain !